Le CORDDIM

Les maladies cardiovasculaires, le diabète, l'obésité et les maladies rénales sont étroitement liés, tant sur le plan épidémiologique qu'en termes de mécanismes physiopathologiques et d'enjeux thérapeutiques.

Ces maladies à forte composante sociétale, liées à l'environnement et aux comportements, ont en commun de dépendre aussi bien de facteurs génétiques que de déterminants sociaux. Elles relèvent de mesures préventives communes. De plus, les complications cliniques majeures du diabète, de l'obésité et des affections rénales sont les pathologies vasculaires, dont principalement l'athérosclérose et l'infarctus du myocarde.

 

"Une épidémiologie préoccupante affectant particulièrement
certains départements d'Ile de France"

 

Dans la plupart des pays industrialisés, les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité devant les cancers, et ce malgré la baisse de la mortalité enregistrée depuis trente ans. Elles se développent très rapidement dans les pays à forte expansion comme la Chine ou l'Inde. En France, elles sont responsables de 29 % des décès (150 000 par an), quasiment autant que les cancers (30% de la mortalité). En cause : les cardiopathies ischémiques (notamment l'infarctus du myocarde, 120 000/an), les accidents vasculaires cérébraux (130 000/an) et les insuffisances cardiaques (1 million) qui, à elles seules, représentent environ 2% du budget total de la santé (notamment en raison du caractère itératif des hospitalisations). Les accidents ischémiques aigus sont, dans la majorité des cas, la traduction clinique de la maladie athéromateuse, consécutifs à une rupture de la plaque d'athérosclérose et la formation d'un thrombus obstruant la lumière vasculaire. La persistance d'une incidence élevée de ces pathologies malgré des avancées thérapeutiques importantes s'explique par l'augmentation de la prévalence de l'obésité, du diabète et du vieillissement, même si de réels progrès ont été faits au cours de ces vingt dernières années dans la prise en charge des patients, notamment ceux atteints d'infarctus du myocarde.

 

La prévalence de l'obésité en France se situe à 14,5% en moyenne (13,2% en Ile-de-France) dans la population adulte en 2009, soit 6,5 millions de personnes (Etude ObEpi). Cette fréquence a augmenté de 70% entre 1997 et 2009, avec des disparités importantes entre régions, l'Ile-de-France subissant la plus forte évolution avec 88,6%. Les femmes sont sensiblement plus touchées (15,1%) que les hommes (13,9%). La progression est plus importante chez les premières, particulièrement pour les formes les plus sévères. Le niveau socio-économique joue un rôle majeur : la prévalence de l'obésité passe de 6% dans les populations les plus favorisées à 22% et plus dans les populations défavorisées. Il en est de même chez l'enfant. Les populations immigrées sont particulièrement affectées en Ile-de-France. En dehors de ses conséquences majeures sur la santé cardiométabolique (insuffisance cardiaque, hypertension, diabète, dyslipidémies), l'obésité expose aussi aux maladies ostéo-articulaires, respiratoires, hépatiques, inflammatoires et aux cancers. Elle retentit également sur la santé psychologique et sociale (discrimination à l'embauche, stigmatisation, etc.). Un gros effort de recherche dans ce domaine est nécessaire. Le CORDDIM est désireux d'y contribuer.

 

À ce constat alarmant s'ajoute une prévalence croissante du diabète, estimée en 2009 à 4,4 % en France (160 000 diabétiques de type 1 et 2,7 millions de diabétiques de type 2). En Ile-de-France, certains départements sont particulièrement touchés comme la Seine-Saint-Denis (5,8%) et le Vald'Oise (5,1%). Le diabète peut engendrer de graves complications touchant le coeur, les vaisseaux, les yeux (rétinopathie diabétique), les reins (le diabète est le premier pourvoyeur d'insuffisance rénale terminale) et les nerfs (neuropathie périphérique). La maladie coronaire est la première cause de morbi-mortalité chez le diabétique, avec un risque pouvant être multiplié jusqu'à 4 par rapport au non diabétique.

 

Le risque cardiovasculaire est fortement augmenté chez les patients atteints de maladie rénale. Il y a en France environ 3 millions de patients en insuffisance rénale chronique. Le nombre de patients traités en France par dialyse ou transplantation rénale est de 60 000 (35 000 dialysés et 25 000 transplantés), correspondant à 2% du total des dépenses de l'assurance maladie. Le risque de mortalité cardiovasculaire croît d'un facteur 15 à 30 chez le patient en insuffisance rénale traité par hémodialyse et d'un facteur 3 chez ceux atteints d'une maladie rénale avec insuffisance rénale modérée. Le facteur prédictif de décès le plus significatif chez des patients souffrant d'insuffisance cardiaque ou ayant fait un infarctus du myocarde est l'altération de la fonction rénale, ce qui a conduit à la définition d'une nouvelle entité clinique connue comme le syndrome cardio-rénal.